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  • : Dans la mythologie grecque, Salmacis est une naïade. Alors qu'Hermaphrodite se baigne dans une source de Carie, Salmacis, nymphe de la source, s'éprend de lui. Ne pouvant se contenir, elle étreint le jeune homme contre elle, et supplie les dieux d'être unie à lui pour toujours. Son vœu est exaucé et tous deux ne forment plus qu'un seul être, bisexué, à la fois mâle et femelle. Sa tentative de viol sur Hermaphrodite constitue un cas unique pour une nymphe grecque.
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Jeudi 5 juin 4 05 /06 /Juin 05:47

 

« L'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches. »




 

Louis Ferdinand Céline a toujours raillé les idées contre le style.

Son style, c'est l'introduction de la langue parlée dans l'écrit, qui a révolutionné la littérature.

Même en amour, sa verve est inimitable.


Un an après Mort à crédit, Céline s'en prend à sa manière, dans Bagatelles pour un massacre, à la littérature du coeur :

« La vulgarité commence, Messieurs, Mesdames, au sentiment, toute la vulgarité, toute l'obscénité! au sentiment! Les écrivains, comme les écrivaines, pareillement enfiotés de nos jours, enjuivés, domestiqués jusqu'aux ventricules depuis la Renaissance, n'ont de cesse, s'évertuent, frénétiques au "délicat", au "sensible", à "l'humain"... comme ils disent... Dans ce but, rien ne leur paraît plus convaincant, plus décisif, que le récit des épreuves d'amour... de l'Amour... pour l'Amour... tout le "bidet lyrique", en somme... Ils en ont plein les babines ces croulants dégénérés maniéreux cochons de leur "Amour"... »





Dans Le Voyage au bout de la nuit, malgré certaines pages "amoureuses", Ferdinand Bardamu ne se laisse pas aller facilement à la "tendraisse"


« Je n'ai pas besoin de "tendraisse"... C'est toujours les pires saloperies de l'existence que j'ai entendu soupirer après les "tendraisses"... C'est ainsi qu'ils se rassurent... »


Mais c'est dans Mort à crédit que son style touche au sommet:


Pour exemple ce passage avec Antoine, Madame Gorloge et Robert, l'ami de Ferdinand.

Le patron est absent pour quelques jours, Antoine et la patronne en profitent.

Ferdinand et Robert, cachés, les observent. Tout le monde a beaucoup bu.






« C'était la folie des sens. »

« Le pantalon enfin volant, il était plus que des loques... C'était tout mouillé autour... Antoine il venait haler dur en plein dans le poitrail... Chaque fois, ça claquait... Ils s'agitaient comme des sauvages... Il pouvait sûrement la crever de la manière qu'il s'élançait...

« Ça va! ça va! ma charogne! boucle ta gueule! Ouvre ton panier!... Il l'écoutait pas, il la requinquait à bout de bite avec trois grandes baffes dans le buffet... Ça résonnait dur... »


Suit une scène de sodomie où le robuste compagnon a recours à la technique du pot de beurre, vulgarisée par le film Le Dernier Tango à Paris.

« Il passe à côté, il se met à farfouiller dans le placard, comme ça à poil, en chaussons... Il cherchait le pot de beurre. Il se cognait la bite partout : " Oh! yays! Ohoh! yaï ! ya! " qu'il arrêtait pas de glapir... On en avait mal, nous autres... tellement qu'il était marrant... on en éclatait...»






Le lendemain, la patronne séduit Ferdinand.

« D'une seule main comme ça en bas, elle me masse...»

« Je vais le dire à ta maman moi. Oh! là! là! le petit cochon!... Chéri petit cochon!... »

« Elle se redresse, elle m'embrasse encore. Elle enlève tout... corsage,... corset... liquette... Alors je la vois comme ça toute nue... la chose si volumineuse... ça s'étale partout... C'est trop...  Ça me débecte quand même... Elle m'agrafe par les oreilles... Elle me force à me courber, à me baisser jusqu'à la nature... Elle me plie fort... elle me met le nez dans un état... C'est éblouissant et ça jute, j'en ai plein mon cou... Elle me fait embrasser... ça a d'abord un goût de poisson et puis comme une gueule d'un chien. »










Puis Ferdinand se retrouve en Angleterre, expédié à la pension Merrywin pour y apprendre l'anglais.

Et il tombe amoureux fou de Madame Merrywin.

« Elle craignait personne pour le charme, je dois avouer qu'elle ensorcelait... Elle me faisait un effet profond. »... « C'était pas possible d'y croire tellement que je la trouvais belle... »
 
« Sa voix c'était comme le reste, un sortilège de douceur. Ce qui m'occupait dans son anglais c'était la Musique, comme ça venait danser autour, au milieu des flammes. »

« Je résistais à tous les charmes. Je répondais rien. Je la laissais passer par devant... Ses miches aussi elles me fascinaient. Elle avait un pot admirable, pas seulement une jolie figure... Un pétard tendu, contenu, pas gros, ni petit, à bloc dans la jupe, un fête musculaire... ça, c'est du divin, c'est mon instinct... La garce je lui aurais tout mangé, tout dévoré, moi, je le proclame... Je gardais toutes mes tentations. »








L'histoire finit mal. Nora Merrywin se jette dans la Tamise.

Est-ce qu'après tout ce n'est pas mieux ainsi.?

L'approche physique des êtres, la « possession », « l'oeuvre de chair » vu comme la fusion de deux âmes, le docteur Destouches n'y participe pas.

« On peut baiser, tout ça, c'est bien agréable de toucher ce moment où la matière devient la vie. On monte jusqu'à la plaine infinie qui s'ouvre devant les hommes. On en fait: Ouf! Et ouf! On jouit tant qu'on peut dessus et c'est comme un grand désert ... »


 

Texte librement inspiré de l'"Anthologie historique des lectures érotiques" de Jean-Jacques Pauvert
Et extraits empruntés à la même Anthologie.


Illustrations: George Grosz.

 

Par Salmacis - Publié dans : Textes
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